
En maman de temps en temps à la recherche de bonnes actions et désireuse de comprendre pourquoi je cours partout même pendant les vacances scolaires, je suis les enfants à leurs activités et tente de m'y intéresser (si, si, j'vous assure, pour de vrai même que des fois je comprends...). Alors là, en sortant du boulot, je passe voir Emma à l'escalade, comme hier et avant hier, comme le matin à l'équitation,... C'était la mini pause (ravitaillement) avant de sauter dans le baudrier et d'affronter le mur. (quand on sait que j'ai le vertige debout sur une chaise, on peut comprendre que je reste très admirative devant ma fille mi singe-mi liane) Et puis une grande traverse le gymnase manifestement énervée et en passant à notre hauteur crie à l'intention d'Emma, le regard féroce l'écume aux lèvres, "à cause de toi je ne pourrai plus jamais faire de l'escalade de toute ma vie, c'est mon dernier cours, t'es contente de toi, gnagnagnagna rrrahouhouh" Emma, devient toute rouge, les yeux brillants, me regarde, pas bien. Et moi, wonder woman avec son lasso doré son short à étoiles bleues et ses bottes étincelantes se transforme en wonder mother et lui répond "ohlaahh! on se calme" et elle "oui, à cause d'elle, elle m'a traitée, elle aurait pas du, elle va le payer!" et moi "on se calme, stop, tu ne parles pas à ma fille comme ça, dis moi plutôt ce qui s'est passé" et elle "elle m'a traité je te dis!!!" et moi "de quoi?" et elle "de contagieuse" et moi "oui, bon là c'est pas non plus une insulte majeure, je ne vois d'ailleurs pas trop ce que ça veut dire" et elle "si c'est GRAVE!!!" et moi "mais enfin quel âge as tu?" "11 ans" et moi "non parce que Emma a 8 ans, et je pense que tu devrais calmer le jeu..." Là elle se lève d'un bond traverse la salle en marmonnant une histoire de porter plainte ou je ne sais quoi... et là normalement c'est le moment où je vais m'asseoir et lache l'affaire me direz vous? Mais si ça avait été l'option retenue, je n'en aurais même pas parlé, pensez bien... Non alors c'est là que journée de merde + soucis + fatigue +... (tais toi virginie, aucune excuse, je te rappelle que tu viens de souffler une sacrée pétée de bougies, que cette gamine n'a finalement que 11 ans, que tu es sensée être une mère de famille limite nombreuse au sens aigu des responsabilités, que tu as épousailler un homme qui voue sa vie à soigner les petits n'enfants et que celle là manifestement a besoin de soins, que tu vies dans un gros village et que tout le monde le sais et que normalement tu sens le bide arriver). Mais non, enragée à mon tour, le pitbull du gymnase, je la suis le pas alerte, et lui dis à moult reprises "Kes tu dis là? Vas y j'entends pas bien???" (un peu dans le genre "you're talking to me????") et la merdeuse qui décide (fallait pas) de ne plus me répondre. Je lache toujours pas l'affaire et la suis et lui redemande de plus en plus fort (non pas trop quand même) et inlassablement "mais vas y !! dis ! parle!!!" elle "..." sans même me regarder et je conclue par un royal "c'est certainement que ça n'était pas bien intéressant!" (digne d'une cour de récré de primaire je pense et encore...) et je me retourne, théâtrale.. c'est ce moment qu'a choisi le prof (brave homme habituellement, d'un certain âge, très bien avec les enfants - je pourrais vous dire gros con psychopathe, vous ne le connaissez pas après tout, mais je peux pas c'est pas vrai, il est bien ce gars) pour se relever et s'adresser à moi "vous êtes éducateur?" et moi "non je suis maman et..." "et bien laissez la petite tranquille et éloignez vous" et là, la grande virginie, grande gueule, drôle à ses heures, toujours un truc à dire, et bien pouet pouet camembert, elle a baissé le nez, a fait demi tour au milieu des gamins perplexes et a trouvé la distance très longue jusqu'à la porte de sortie du gymnase. J'ai rejoins mon Mus et nos enfants attablés au salon de thé. La conscience moyennement tranquille, je lui raconte le truc. Lui sans pitié me dit, normal tu n'as pas à interférer dans un groupe pris en charge par un éducateur. Il m'a également suggéré d'aller m'excuser/m'expliquer, et je n'ai pas retenu sa suggestion. Je suis rentrée à la maison écrire ces quelques lignes. J'ai beau le tourner dans tous les sens cet épisode, je n'arrive pas à m'imaginer faisant autrement (plus fort que moi et puis je ne pouvais pas laisser ma poupée se faire agresser par une grande méchante) mais paradoxalement le seul mot qui me vient, qui tourne en rond dans ma ptite tête c'est : ridicule ma pov fille...