Je suis née en 1970, alors forcément, un thème sur ces années-là, ça me parle... Alors comme Loulou et Anne, je vais fouiller dans ma mémoire et quelques vieilles photos pour tenter de partager ce que ça m'évoque...
Je suis née à Paris mais comme je n'ai quasiment fait qu'y naitre et que ma mère m'a rapidement mise au vert dans les bras de grand mère, je vais plutôt parler de la période qui a suivi à Laguenne en Corrèze...
- Ce débardeur improbable (tout en haut), assemblage de carrés crochetés dans un camaïeu de oranges/marrons... aujourd'hui ça fait peut être vintage mais va faire porter ça à Nora..?!!!
- Ma copine Flo qui habitait la maison d'en face, un binôme redoutable! On ne manquera pas de noter le look, véritable carbone 14, la preuve que c'est bien une photo des années 70 hein?
- On devine derrière le papier peint avec ces drôles d’écussons (on en voyait un peu dans toutes les maisons..) qui ornait la salle à manger -dans laquelle on ne mangeait que pour les grandes occasions-. Pièce qui disposait d'un téléviseur qu'on allumait le soir pour les informations et le film que je ne voyais pas, au lit! J'ai vu naitre la 3ème chaine et j'ai grandi avec Dorothée... RécréA2, club Dorothée? mais pas tant que ça finalement, on jouait beaucoup dehors dans la cour, dans son jardin ou le notre, et c'était quand même vachement mieux!
- Cette salle a manger a connu de nombreux repas de famille. D'énormes tablées avec les frères et soeurs de ma grand mère leurs conjoints, enfants et petits enfants. Ca fumait à table (!) Malou sortait une bonne bouteille de Bastienne, elle préparait des bouchées à la reine comme personne, il y avait deux entrées, poisson, viande, fromage, desserts, fruits... ça durait des plombes, se terminait par un tarot ou une belote pour les grands, des jeux dans le grand jardin pour les plus jeunes. Les tatas invitées amenaient des gateaux secs et du café pliés dans du joli papier, se relayaient à la cuisine pour préparer, faire la vaisselle, papoter. C'était vivant, animé, ça parlait patois. La plupart sont morts et ces repas ont disparu avec eux... Je donnerai beaucoup pour un de ces moments aujourd'hui.
- Sous la jolie nappe qui accueillait le service reçu en cadeau de mariage, on laissait la toile cirée, pour protéger. Je me rappelle notamment d'une, marron avec des formes rondes représentant des sortes de fleurs. Elle est restée longtemps... jusqu'au jour où j'ai tenté une frange sur tout un côté. Ma grand mère n'a pas aimé. J'étais une enfant plutôt sage, ce genre de blague n'était pas habituel. Elle était surprise, moi aussi en fait.
- Juste pour étonner les plus jeunes et faire se souvenir les autres, le téléphone...
- Et puis ma grand mère, la banane sur ces photos. Des années heureuses dans le chagrin qui avait précédé... un mari mort jeune d'un cancer, suivi d'un fils parti à 21 ans dans un accident de voiture. Alors forcément une pépette de 4 mois qui arrive dans la maisonnée, ça met de la vie, du soleil. Ça crée des liens, forts. On ne le voit pas sur les photos pourtant il n'était jamais bien loin, tonton domi de 13 ans mon ainé.
- Malou et moi, pour une grande occasion, traditionnellement habillées par Tata Denise, sa belle soeur couturière. On choisissait le tissus, on feuilletait les catalogues et la magie et les doigts de fée de Tata oeuvraient...
- La cour devant la maison, celle qui était recouverte de cailloux, entourée de tamaris qui apportaient un voile rose une partie de l'année, de rosiers et tulipes soigneusement entretenues (pas comme mes par terres de clochard! ah! Malou si tu voyais la gueule de mon jardin....) Ces petits cailloux qu'on lançait dans un pot en terre jusqu'a ce que l'un gagne, ces petits cailloux qui se collaient entre eux quand l'arbre fleuri au milieu de la cour perdait ses jolies fleurs qui finissaient en trucs collants immondes qu'il fallait ramasser. La haie qu'il fallait tailler... Tonton et ma mère se relayaient avec la tronçonneuse, un coup pour la haie un coup pour le bras...
- En fait, mes années 70 à moi, c'est ce petit village en Corrèze, Laguenne, les bons plats de Malou préparés avec des produits de saison choisis en connaisseuse qu'elle était qu'on mangeait copieusement si on voulait faire plaisir... c'est la chambre à gauche au bout du long couloir avec son parquet qui grince et son lit-cosi, c'est la lumière que je voulais avoir allumée toute la nuit mais non faut être grande et faut dormir c'est l'heure, c'est ce dernier carreau de chocolat -accordé par tonton pendant qu'il mangeait le reste de la tablette- que je suçais en me mettant en pyjama devant la télé pour pas en perdre une miette jusqu'au dernier moment, c'est le vélo de Malou qui nous emmenait elle et moi à l'école chaque matin, c'est la chocolatine qu'elle me glissait à la récré dans la cour de l'école pour mon gouter, c'est ce premier devoir d'école où il fallait raconter le metier de son père, on raconte quoi quand on n'en a pas? c'est le jour où elle m'a repris la tourte des mains dans la cuisine, puis redonnée puis repris puis... jusqu'à ce qu'elle réalise vraiment que mes bras n'étaient pas normaux, du tout, c'est cette fête de la jeunesse et sa merveilleuse choregraphie avec un cerceau que j'ai du personnaliser serieux passeque avec mes bras pourris c'était pas gagné, c'est cette prof de danse classique qui avait décidé, elle, que je n'étais pas autorisée à personnaliser la danse et que donc la danse classique ça n'était pas pour moi, c'est mes activités du mercredi au centre culturel de Tulle auxquelles ils m'ont toujours amenée, c'est les devoirs du soir avec Domi, le cahier oublié à l'école que Malou revenait chercher en quelques coups de pédales avant qu'il rentre, le premier vélo qu'il m'a offert et appris à en faire, le tour qu'on faisait les soirs d'été, la table en fer forgé où l'on sortait manger dès qu'il faisait beau, les fraises de beaulieu, les haricots et les pommes de terre de tonton marcel, la brioche qui levait sur les radiateurs de la salle à manger sous un torchon trop tentant mais ça s'est vu, ma poupée patty qui apprend à marcher et la tente à monter sous l'arbre de noel, les séances de lego avec Domi, mon mange disque, les étés à Saint Mexant où l'on retrouvait les cousins et cousines, les cabanes dans les bois, les crêpes de Malou et Tata Germaine, les devoirs de vacances... ça et tout le reste. Tout ce qui ne se raconte pas mais qu'on a là au fond du coeur, qui remonte à la surface de temps en temps, comme aujourd'hui, ou pas, mais qui nous fait vivre chaque jour, qui nous raconte, qui nous construit. Merci Tonton, merci Mamie.



























































