Qu'est ce qui est le plus dur Virginie? Quand ils sont petits ou quand ils deviennent grands? Quand il y en a 1? 2? 3? ou 4? A la campagne ou en ville? Avec les garçons ou avec les filles?
Chai pas, chai plus. T'as toujours une 1ère idee en tête et puis un contre exemple 2 secondes après.
Petits, il y avait des moments ou je n'en voyais pas le bout. Ou physiquement j'etais à bout. Et je m'accrochais à l'idée qu'en grandissant tout deviendrait plus simple. Alors oui. Et non. Les têtées toutes les 3h, toutes les heures des fois, le doudou perdu, le cauchemar récurrent, le pipi au lit, la température qui déboule sans prévenir, le vomis qui l'accompagne, les gardes qui n'en finissent pas, l’hôpital qui appelle 10 fois par nuit même quand mon héros y est déjà parti... le petit dernier qui se rendort quand on doit amener le reste de la tribu à l’école, aller faire les courses avec tout ce petit monde, un sur le devant de caddie, un dans le cosy et les 2 grands avec la consigne de ne pas s'éloigner à plus de 50cm, les sacs à remplir, la caissière impatiente, la montée de lait au moment de régler, le bébé qui hurle du coup en totale synergie, et puis tout recommencer, vider les courses de la voiture, avant ou après les avoir sortis?....Bref la logistique quand ils sont petits est un gros morceau, on va pas se mentir. Et du coup effectivement en grandissant tout ça disparait. Mis pas que. Leurs câlins, leur odeur, leur baragouinage, leurs éclats de rires, leurs rituels, leurs joue rondes, leurs mains potelées toujours actives, leur émerveillement devant le tour de magie de leur père ou une nouvelle histoire à raconter, leur enthousiasme pour à peu prés tout.... tout ça aussi ça passe à la trappe. Certes ils sont autonomes et peuvent même donner un coup de main, dorment la nuit et même jusqu'à des heures indecentes le matin/midi/apres-midi, font leur devoirs seuls, sont capables de cuisiner, de faire tourner une lessive, de préparer leurs affaires....
oui mais, on ne va pas se mentir, la plupart du temps ils ne le font pas. Le ravitaillement en linge et bouffe est au format industriel mais c'est tellement habituel qu'on ne s'en rend pas vraiment compte. C'est juste plus compliqué d'improviser un repas vite fait (il faut au moins de la quantité à defaut de qualité). Non, ce qu'on n'avait pas prévu ni dimensionné, c'est les tripes nouées quand ils prennent le volant, qu'ils passent un exam ou qu'ils partent en vacances pour la première fois, c'est ce moment ou on ne sait pas si on doit dire oui ou non, à ce choix d'option ou à cette orientation, à cette soiree pyjama ou cette anniversaire, à cette petite copine à la maison ou à ces potes qu'on ne sent pas... mais plus que tout à cette limite invisible entre respect d'intimité et soucis, autonomisation et danger, présence parentale légitime et intrusion déplacée, parents cools ou gênants, échecs formateurs ou je dois m'inquieter, silence punition ou silence nécessaire, tension normale ou je dois m’inquiéter, mensonge prévisible ou ... p'tain je dois m’inquiéter???
Chacun d'eux est différent, chacun d'eux a fait la mère que je suis aujourd'hui. Totalement imparfaite et criticable. Mais la plus heureuse aussi. Je ne rêve pas d'autre enfant que les miens. Je n'envisage pas de vie sans eux. Ils sont ma plus belle réussite. Ma plus grande fierté. Et ma plus grande source de stress. Mon plus gros fournisseur de colères. A l'origine de 80% des tâches que j'accomplis quotidiennement et qui me défoncent la santé. Certainement responsables de ma future incontinence. Si-si. Pensée pour mon héros bien sur sans qui, je suis au courant, cette aventure n'aurait jamais existé... mais la fête des pères c'est dans quelques jours alors il se met de coté et il attend son tour, ah mais...
Ma grand mère disait souvent ; "Profite! tu ne le sais pas mais tu vis les meilleurs moment! Arrivera un jour ou tu seras prête à donner tout ce que tu as pour vivre à nouveau une de ces journées!" Tu lui dis oui-oui, mais au fond de toi tu te dis que non-non, le vrai grand bonheur ressemble a autre chose... Juste pas possible. Et t'es con. Et tu ne peux pas t'imaginer comme elle avait raison biensur!
Alors pas de règle, pas de conseil à la con, pas de prejugé... on est tous différents, ils le sont aussi. Juste se fier à son intuition et à l'amour. Des potes aussi ça aide bien. Et la famille evidemment...