jeudi 7 février 2019
Double peine
Chaque jour sans lui a été tellement dur que je ne pensais pas que cette date changerait quelque chose. 1 an, 1 an moins 2 jours, 1 an plus 1 semaine...? Ca change quoi?
Pas grand chose à notre vie, notre état, notre situation. Et pourtant, il a fallu que des bouffées de chagrin m'envahissent sans prévenir, que les larmes me montent, incontrôlables, comme ça sans raison apparente, que cette boule au creux du ventre retrouve sa place, que j'oublie à peu près tout, que je mélange le reste, que je m'agace, que je sois encore plus épuisée, et que je vois bien que je ne suis pas la seule...
Alors oui, c'est terrible parceque je revis chaque moment de ses derniers jours, et puis de toute la maladie.... avec en plus le combo gagnant : le vide immense depuis qu'il est parti et le chagrin qui est devenu mon pote le plus proche. Le seul réconfort dans ces moments un peu désespérés faut se le dire, c'est qu'il a fini de souffrir. L'autre réconfort c'est qu'on l'a passée cette putain d'année. On a survécu. On a vécu même. Parce qu'on lui doit bien. Parce qu'il voulait ça plus que tout pour nous. Et parce qu'on le mérite aussi certainement.
Pour moi, égoïstement, c'est plus dur à formuler, à concevoir même. Mais j'ai fait de mon mieux. Mon mieux n'est pas le mieux, c'est juste le mien. Pendant la maladie j'ai été à ses côtés, tout le temps. Aussi forte et présente que je pouvais. A la fin, aussi. Apres, j'ai fait ce qu'il aurait fait, ce qu'on aurait fait si on avait pu en parler. Sincèrement. Vraiment. Et avant, on a eu la vie qu'on s'était choisie. Pas parfaite, pas idéale. La notre. Elle sonnait juste, elle nous ressemblait. On a accompli de grandes choses (4 en fait), fait plein de trucs, on s'est aimés, on s'est engueulés, on s'est marrés, on a partagé, on a rencontré, on a grandi ensemble. Vieilli, pas trop du coup.
Nos enfants méritent chacun une médaille. Non, plein de médailles. Ils sont tous merveilleux et je mesure mes mots. Pour leur courage, leur présence, leur soutien, leur bienveillance, leur humour, leur sincérité, leur empathie, mais aussi leur travail, leurs résultats... au delà de tout ce que je pouvais espérer. Ils m'ont bleuffée.
Alors, oui, on mérite de vivre, de rire à nouveau, de faire des projets, d'avancer. Facile à dire...
Je vois à peu prés ce que tu me dirais, et tu sais ce que je te répondrai... alors, voilà, on va faire de notre mieux pour commencer...
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)



11 commentaires:
Pas grand chose d'autre à dire que pleins de pensée pour vous tous !
Je suis sure qu'il vous admire tous !Douces pensées
Pour les 1 an il ne m'était pas possible de rester à la maison et l'occasion s'est présentée de partir loin et de vivre de belles choses.
Un peu plus de 18 mois qu'il n'est plus là , et je commence juste à le voir des mes rêves comme avant la maladie, et c'est marrant mais ma fille m'a dit la même chose.
Nous regardons de temps en temps les photos mais je ne m'attarde pas, mon coeur se remplit de tristesse. Je suis toujours incapable d'aller sur son lieu de travail (une grande enseigne de sport), j'ai la nausée et mes yeux se remplissent de larmes, je le cherche au détour des rayons.
Je sais que là ou il est il est fier de moi et je l'entends encore me dire "profites, vas y profites !!", alors je profite, je profite pour 2.
Je t'embrasse.
Anne86
Et ce sera toujours ainsi… parce que son souvenir ne s'éloignera pas tant vous étiez soudés.
Mais quelles belles choses vous avez réalisées, tous les cinq, au long de cette année. Comme vous avez su faire front ensemble, unis et aimants !
Gilsoub : les pensées c'est drôlement bien aussi! merci
Manou : j'espère tellement, cette idée là m'aide aussi...
Anne : comme je te comprends...
Agdel : c'est vrai, jusque là on s'en est sortis! et puis je ne veux pas que son souvenir s'éloigne...
A tous, un grand merci
on pense fort à vous ... il serait fier de vous 5 incontestablement <3
Je trouve très beau ce constat que vous , et Lui ; avez eu "la vie qu'on s'était choisie. Pas parfaite, pas idéale. La notre. Elle sonnait juste, elle nous ressemblait". Cela me touche parce que égoïstement j'en suis la dans ma vie depuis 10 mois (et 12 ans de psychanalyse , et 10 ans de de vie avec Sebastien) : j'ai choisie ma vie , elle n'est ni parfaite, ni mieux ou moins "bien " ; c la mienne. Elle sonne de plus en plus juste et elle me , nous , ressemble. Cela fait partie de toutes les belles choses qu'Il a semé et laissé pour vous. C précieux ce sentiment que vous avez , c lui qui est vivant dans votre vie.
De la tendresse et du soleil marseillais pour vous tous.
365 jours de longue peine
Repose en paix mon frère.
Tu nous manques tellement.
On pense fort à vous... Tout comme à Mus, à toujours dans nos coeurs ! 😘
Comme c'est douloureux et comme c'est beau que ce soit possible, encore, de l'aimer et de vivre.
Bisous et gros câlin.
Mthilde : j'espère...<3
Sofya : "lui vivant dans notre vie" merci pour cette idée qui me va bien... et le soleil marseillais
Hassina : tellement....
Celine : merci, bisous
Anne : Encore et toujours! Bises
Enregistrer un commentaire